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Jeudi 22 juin 2006

Jeudi 22 juin 2006

Lever 7h30, soleil Petit dej. 8h le ciel nous tombe sur la tête. On a vu le grain monter de l’océan, envahir toute la baie et crever sur nous. Ce n’est finalement pas si important cette pluie de mousson, hier au Resort d’Unawatunna ils arrosaient la pelouse. 8h30 le soleil est revenu et nous partons.

Plein d’essence à Matara. Sur la route notre moto consomme peu on a fait 150 km avec 4,8 litres.

Arrêt à Dondra. Dondra c’est la pointe sud de l’île. En face c’est le continent antarctique, le pôle Sud. Il n’y a rien que l’océan entre les deux et les vagues qui frappent cette côte arrive directement du pôle Sud. Dondra c’est aussi le souvenir d’une superbe pérahéra qui se déroule en même temps que celle de Kandy mais qui est plus authentique et moins envahie par les touristes.

On repart, comme je ne connais pas la route, on roule cool. 40 ou 50 à l’heure, mais on est dans la vitesse des autochtones et on ne se traîne pas. Au contraire si vous demandez a Véro qui rebondit à chaque tour de roue, l’impression de vitesse est maximum.

Ce ne sont plus les autres véhicules qui deviennent dangereux mais quantité de vaches et de chiens qui errent, vaquent ou divaguent sur la route sans se préoccuper de rien.

On va au Kingdom Resort, le nom nous semble correspondre à notre niveau de roi de la route. On se dit que pour boire un café on aura toujours les moyens de se l’offrir. On galère un peu sur le petit chemin qui mène vers la mer. Toute la journée, on aura à franchir de gigantesques flaques d’eau, mais pas très profondes.

On arrive dans une superbe propriété face à la mer. Un magnifique jardin et une maison style maison du sud des Etats-Unis, toute en largeur, qui donne sur le jardin et la mer. Un homme s’approche et nous explique que c’est fermé. Nous lui demandons quand même de faire un tour dans le jardin jusqu’à la mer.

Nous repartons en direction de Dickwella où il y a aussi un superbe hôtel pour boire notre café. C’est effectivement un ensemble de bâtiments bien intégrés dans le paysage et pour ainsi dire invisible tant qu’on n’y est pas. Cela ressemble aux grands hôtels balinais. On est bien accueilli comme toujours. On prend un café sur une terrasse qui domine l’océan. Aux poutres de la terrasse sont suspendus des sacs en plastique long comme une bouteille et rempli d’eau. On demande à quoi cela peut bien servir, ça peut-être décoratif, mais limite pour le niveau de l’hôtel. Un garçon nous explique que c’est contre les moustiques. Le moustique arrive et voit à travers l’eau contenue dans le plastique, un monde déformé et horrible, il prend peur et s’enfuit. On peut aussi imaginer qu’en reculant de frayeur, il vienne se cogner contre un autre récipient de plastique, s’effrayer de nouveau et ainsi de rebondissement en rebondissement devenir fou et même ne plus se souvenir qu’il est un moustique et même peut-être oublier de piquer. Je vous le livre tel qu’il nous l’a expliqué. Vous pouvez essayer chez vous le long de la véranda, vous me direz si ça marche. Comme c’est une maison sérieuse, je ne pense pas qu’ils nous aient pris pour des imbéciles. Si ça ne marche pas chez vous c’est certainement cette dernière hypothèse que vous devrez privilégier.

On roule à la Easy Rider, cool, en on enchaîne les virages, les bosses, les nids de poules avec beaucoup de philosophie. Je pense avec encore un peu de route, pouvoir faire une thèse sur le lieu ou la poule fait son nid sur une route. C’est toujours à l’ombre, si possible à la sortie d’un virage et quand la densité de circulation est telle qu’il est impossible de l’éviter. On ne dirait pas, mais ça a l’esprit tordu, une poule.

Tangalle recherche d’un guest. Le premier 2000 roupies la nuit avec eau chaude. Ce n’est pas dans un budget de biker. Le deuxième 1600, Véro dit : une chambre comme ça mais je n’ai jamais payé plus de 1000. C’est d’accord pour 1000. Comme quoi, dans la vie, il faut dire pour se comprendre.

Installation et repas dans un petit restau pour autochtone mais qui fait vrai resto comme chez nous. On retourne à Dickwella voir une statue de bouddha qui fait 50 m de haut. C’est vrai qu’en pleine campagne, on ne peut pas la rater. Tout est très kitch comme dit le routard et tout est hyper réaliste, cela ressemble au musée grévin dit Véro. En hyper réaliste, l’enfer : un homme suspendu la tête en bas, les jambes écartés et en train d’être scié en deux par deux démon qui tire sur une scie longue est plate qui sert à découper les grumes en planches. Ainsi tout l’enfer est personnalisé. Je vous laisse imaginer toutes les horreurs. Puis le coté pédagogique, en style BD : dans la vraie vie, l’image illustre un homme tuant un poulet en l’étouffant, l’image au dessous l’enfer on voit l’homme entrain de se faire étrangler par les démons. Un homme fait travailler un bœuf en l’attelant à une charrette, en enfer, on voit l’homme attelé à la charrette le dos en feu qui marche à quatre patte. J’arrête, il y a ainsi sur 200m de chaque côté d’un tunnel des centaines d’illustrations. C’est promis, on est sage et gentil à compter de maintenant. Puis on monte dans le bâtiment qui soutient le Bouddha. On monte par palier et chaque étage est une illustration par quantité de planches de la vie du Bouddha. Tout en haut, un homme nous fait mettre la tête dans la tête du bouddha. Comme chez un ophtalmo, on a le menton qui repose sur le bas de la fenêtre et le front butte contre le haut. Dans la tête du Bouddha il y plein de petits Bouddha tous en rond et qui semblent bien sages, cependant il y en a un qui est tombé ? Pendant ce temps l’homme me frappe sur la tête en débitant des prières en tonalité d’OM. C’est bon, Véro et moi on ne risque plus rien, on peut redescendre et reprendre la moto. 50 roupies quand même la consultation.

Retour en direction de Tangalle, a mi chemin il y a le Blow Hole : le trou qui souffle. C’est une particularité du coin qui est maintenant classée. On galère un peu pour trouver, les explications du routard sont toujours excellemment nulles.

On laisse la moto et nos casques à un gardien improvisé.

On approche de la falaise, il y a une faille dans le rocher, la vague s’engouffre, un énorme ronflement se fait entendre, une bruine jaillie du rocher comme un jet de vapeur et un geyser d’eau suit immédiatement et éclabousse la falaise. Ce n’est pas à chaque vague, il faut patienter, mais c’est impressionnant. On revient à la moto. Le gardien ne l’a pas perdue de vue et il n’a pas lâché nos casques qu’il tient toujours à la main. 20 roupies de gardiennage bien qu’il en réclame 50.

En repartant, on remarque dans le village une équipe en train de tourner un télé-film. Véro prend des photos du tournage et de l’acteur et de l’actrice principale, tous se prêtent au jeu.

Retour à Tangalle courses au Food City et recherche d’un cyber café. On se rend compte que c’est une denrée pratiquement inconnue ici, surtout pour lire la disquette ou la clé contenant les fichiers word. On va essayer de trouver demain. Il y a aussi ici un grand hôtel, on ira boire un café, ils auront peut-être internet.

Retour au guest, le patron nous informe qu’on ne pourra pas passer une deuxième nuit chez lui, demain il y a une réunion et toutes ses chambres sont prises. Bon on verra demain.

Dîner en centre ville dans un restau chic mais pour autochtones.

Retour pour dormir, ici le bruit de la vague qui tape sur la sable est tel qu’on dirait le bruit d’un rouleau compresseur qui tombe dans une piscine.

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