Vendredi 23 juin 2006
Vendredi 23 juin 2006
Lever 8h petit dej et on part à la recherche d’un autre guest. Ce n’est pas long, chez l’habitant on trouve une chambre douche WC pour 400 roupies, on est rapidement d’accord, d’autant que tout semble fonctionner sauf la chasse d’eau mais il y a un seau pour la remplacer. Le guest s’appelle Sadeepa Garden du nom de l’enfant que le proprio a perdu pendant le tsunami. Il y a eu 82 morts ici c’est le village où le Français Philippe … a perdu sa petite fille Juliette.
Les lits sont recouverts par des draps aux effigies de la série des Simpson, on n’est pas dépaysé. Pour le prix Véro n’ose pas demander son upper sheet, le drap de dessus, je lui dis que nous allons acheter un autre sarong. Le sarong ce bout de tissu que porte les hommes est une sorte de tube en tissu qui se noue autour de la taille le jour. La nuit c’est un vrai sac de couchage sans fond. Il permet de se couvrir des épaules aux chevilles. Une pure merveille, c’est grâce à Sudath que j’ai découvert cette possibilité parce qu’il pensait que je mettais le mien comme pyjama.
On part. On passe à internet. Ce sont des jeunes très sympas qui ont ouvert ce cyber. Le débit est très bon. C’est tout de suite à gauche après le pont sur la route de Hambantota. On est content et on le leur dit, on reviendra demain avant de partir encore plus à l’Est vers Kataragama qui est notre but avant le retour.
On part visiter le Rock Temple de Mulkirigala, qui est à une quinzaine de km. On mémorise bien sur la carte : aller jusqu’à la ville de Beliatta, prendre à droite en ville, continuer sur cette route jusqu’au franchissement d’une rivière et là prendre encore une route à droite et puis advienne que pourra on n’est plus très loin. Un panneau tout en cingalais indique deux directions, on demande, c’est à gauche.
Le rock temple c’est 500 marches taillées dans la pierre et à la verticale. On escalade assez facilement jusqu’au sommet. En montant Véro refait les mêmes photos qu’il y a 15 ans. Rien n’a changé, aujourd’hui il ne manque que les vaches et les singes.
Au sommet il y a là une petite dagoba et surtout la vue sur la campagne environnante et la mer qui n’est qu’à une dizaine de Km.
On finit notre bouteille d’eau et on redescend en s’arrêtant pour voir des grottes aménagées. L’intérieur a été peint de motifs floraux ou géométriques. Des statues de Bouddhas couchés endormis ont été mises là, avec d’autres statues de bouddhas en méditation et d’autres statues de personnages en vénération.
Il y a plusieurs grottes. Dans la dernière, il y a un bouddha mort. Ces pieds ne sont plus joints symétriquement comme pour les bouddhas, endormis. Ce décalage montre que l’harmonie du monde, l’harmonie de la vie est rompue, c’est donc la mort.
Ce temple rock est un modèle réduit, de Dambulla pour ceux qui connaissent. Ils est très vénéré et des familles de croyants font l’escalade et la visite comme nous.
Retour au sol, toute une envolée de petites vendeuses vient nous proposer du thé, des fruits, des cacahouètes. Elles savent qu’au retour, les visiteurs ont besoin de reprendre des forces.
Oui pour le thé, les tasses sont rapidement rincées dans la cuvette commune, et le thé est servi. Il est nature très chaud et bon. On le boit avec un morceau de sucre spécial qu’il faut mettre dans la bouche avant chaque gorgée. On prend aussi des mangues, elles sont épluchées et coupées en quartiers dans des petits sacs en plastique rose transparent. On ne se pose pas la question de l’hygiène. Une autre vendeuse nous propose maintenant des petites bananes. Lorsqu’on a fini les mangues on ne sait plus quoi faire du sac plastique on le leur rend et elles le jettent par terre. Séance photos. Avec Véro, les petites vendeuses ne peuvent y couper. Tout le monde défile même les papas avec leur bébé. Au milieu de ces gens Véro ressemble à une géante au pays des lilliputiens. Pendant ce temps, la vendeuse de thé note son adresse sur mon carnet pour que nous lui envoyions les photos. De retour à Tangalle on demande au grand photographe de la ville s’il peut faire des tirages dans la journée, pour pouvoir les leur reporter. Non il lui faut 3 jours. On fera faire les tirages à Ambalangoda et nous leur enverrons par la poste avant de repartir.
Nous déjeunons dans le même restaurant qu’hier. Il est trois heures et on décide de s’offrir une fin de journée farniente et piscine dans le grand hôtel de Tangalle le Eva Lanka.
Là franchement c’est super de chez super. On pourrait se croire à Bali, c’est vous dire. Un grand corps de bâtiment qui sert d’accueil et abrite des parties communes bar, restaurant. Une piscine gigantesque d’eau de mer aux formes hollywoodiennes et perdu dans la nature qui descend jusqu’à la mer des bungalows dissimulés. En bas, une autre piscine surplombe la plage et l’océan.
Comme d’habitude on fait piscine privée parce qu’il n’y a que nous. Mais aujourd’hui la mousson nous joue des tours. Nous allons nous abriter dans les salons qui bordent la piscine dans des fauteuils cannés. Puis nous nous baignons à nouveau lorsque la pluie cesse.
Comme le dernier orage semble vouloir durer nous nous habillons. Le manager et ennuyé pour nous et nous propose de revenir demain gratuitement. C’est très aimable de sa part. Comme il pleut toujours nous nous déplaçons vers le bar et commandons deux thés. Le garçon nous apporte une pleine assiette de gâteaux à chacun, ils sont comme des tranches de quatre quart aux épices. Comme nous nous étonnons, le garçon nous informe que le manager est vraiment désolé de ce mauvais temps et il nous offre ces gâteaux et le thé.
Nous attendons que la pluie cesse pour rentrer. On serait bien resté, mais c’est 140 euros la nuit. On retourne donc dans notre petit guest house familial, sans regret d’ailleurs parce qu’on sent qu’on va y être bien.
Pour dîner, on se fait conduire par un tuk tuk sur la route de la plage. Le conducteur parle un peu français, il a travaillé à Paris et au Cameroun. Il nous dépose devant un restaurant où le repas est délicieux du thon pas sec avec plein de légumes cuits à la vapeur et du riz nature. Au dessert du curd au miel évidemment.
On entend la vague qui frappe la plage. Ici à Tangalle la mer est particulière. Imaginez un coup de boutoir énorme suivi d’un bruit d’éparpillement et d’éclaboussement d’eau, puis plus rien, le silence et à nouveau ce coup de boutoir terrible qui fait vibrer le sol, les gens. Ici la mer ce n’est pas pour nous, seuls les pêcheurs peuvent s’y aventurer.
Journée de gens gentils c’est bon quand ça arrive des jours comme ça.
Par Véronique Piaser Moyen, le 24 juin 2006 à 06:29 :: General :: #273 :: rss
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