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Mardi 27 juin 2006

Mardi 27 juin 2006

Lever tôt 7h30 Dès huit heure on voit les ramasseuses de thé se mettre à l’ouvrage.

Nous, nous courrons à Internet, mais ici ce n’est pas un coin où les touristes s’attardent et l’équipement laisse à désirer. Aujourd’hui, bonne connexion pour la messagerie mais pas pour le blog. C’est ainsi.

À 10h on file. On s’attarde dans la descente vertigineuse, pour profiter du spectacle. Lorsqu’on décide de rouler, on passe en conduite, mode expert, sur une route complètement défoncée. Bien sûr on n’avance pas. En plus on fatigue à se prendre tous ces trous et toutes ces bosses dans le dos.

Ce sont des travaux d’agrandissement de la route.

Puis apparaissent des parties parfaitement finies et lisses comme un billard, on enchaîne les virages et tout à coup à nouveau la piste défoncée. Puis bitume de rêve, à ce moment la fatigue nous quitte. Je fais des pointes à 60 à l’heure. À nouveau la route cassée. Vous avez compris, c’est un peu galère aujourd’hui, alors qu’on est sur une grande route et ce qu’on doit faire pour arriver à l’étape c’est une toute petite route. En principe la difficulté est devant.

Enfin la route redevient normale et on peut rouler. Au-delà de 50 dans cette vallée, les rafales de vent déportent la moto et son chargement, c’est maintenant une autre difficulté.



A 12h30 nous arrivons à l’intersection où nous devons quitter la grande route. Nous avons au moins une heure de retard et beaucoup de fatigue. Nous déjeunons et repartons rapidement par la petite route de montagne.

Au début ce sont des rizières qui bordent la route, puis à mesure que nous montons c’est le thé qui occupe le terrain. Nous enchaînons les épingles à cheveux qui sont numérotées comme à l’Alpe d’Huez. Il y en a 10. Nous arrivons à une zone de conifères des espèces de grand pin dont les aiguilles envahissent la route. Plus haut encore ce sont des arbres dont les troncs ressemblent à ceux des eucalyptus mais pas la feuille et puis le thé reprend possession de l’espace.

Ce sont des champs de thé à perte de vue. Les factories sont posées comme des cathédrales au sommet d’un promontoire pour bénéficier de l’aération, et tout autour à perte de vue le thé.

Les femmes cueillent, vident leur panier dans des sacs qui sont transportés jusqu’à la factory. C’est toute l’activité de cette région, tout le monde vit et travaille pour le thé.

Sur la route, pour les autres véhicules que nous croisons nous n’existons pas, c’est la règle du mode expert. Dès qu’un car qui occupe toute la largeur de la route surgit d’un virage, il faut sauter sur le bas-côté de la route, sinon le pire est à craindre. Nous quittons ainsi plusieurs fois la route à petite vitesse pour s’échapper. Bien anticiper est la règle à tenir.

On fait à peu près du 15 à l’heure, mais le spectacle nous comble. Dans les villages où l’on s’arrête on demande le nom et nous sommes toujours étonné d’avoir aussi peu avancé sur la carte.

Les enfants tous vêtus de blanc reviennent de l’école et nous font de grands salut en nous demandant nos prénoms.

Nos arrêts sont plus raprochés et la fatigue revient plus vite dès que nous repartons.

Nous croisons les ramasseuses de thé et les porteuses de fagots qui rentrent préparer le repas du soir et s’occuper des enfants.

C’est une des routes les plus merveilleuses que nous connaissons et cette fois-ci je crois que même Bali passe au second plan.

On finit par arriver à Deniyaya, but de notre ballade.

Je retrouve assez facilement le Rest House où nous avons logé il y a 15 ans.

Véronique voulait revoir ce lieu dont elle ne gardait qu’un souvenir douloureux. Nous avions fait en voiture la même route et nous étions arrivés aussi fatigués. Véro le dos complètement bloqué s’était couchée dans une chambre horrible, pas nettoyée depuis le départ des Anglais en 1946. Elle ne gardait que le souvenir de la charpente.

Pendant ce temps Maria et moi, nous essayions de chasser les cafards qui vivaient dans la pièce et la salle de bain. Ils étaient grands comme la main, nous les poursuivions avec une bombe insecticide qui ne les tuait même pas, ils fuyaient à peine. Ils nous regardaient méchamment mais nous les tenions ainsi dans un coin de la pièce. La salle de bain aussi était d’époque avec une grande baignoire métallique sur pieds à la fois rouillée et jaune de tartre. De même pour le lavabo et les WC.

Il fallait dormir ici. Véro ne pouvait plus bouger. Elle était indifférente à ce combat que nous menions.

Après le dîner, après la toilette rapide, après avoir tenu en respect les cafards dans leur coin. Nous avons rapproché les 3 lits qui semblaient perdus dans l’immense pièce.

Nous avons tout mis en hauteur, nous avons mis nos chaussures sur notre lit aussi, puis nous avons éteint laissant pour la nuit l’immense plancher vermoulu à disposition de la vermine.

Aujourd’hui tout à été refait, mais les chambres sont les mêmes et les lits toujours perdus au milieu. La salle de bain a gardé sa dimension de pièce à vivre, mais dedans tout est neuf.

Il faut dire que la maison perchée sur un piton a le charme d’une maison coloniale. Deux avancées de toits qui forment deux terrasses sur des niveaux différents, séparées par des colonnes de bois. Devant nos yeux l’immensité des champs de thé.

Finalement 15 ans après, on est en meilleure forme malgré la route.

Ce pays permet de rester jeune.

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