Jeudi 29 juin 2006
Jeudi 29 juin 2006
Aujourd’hui nous allons consacrer la journée à l’orphelinat de Galle. On change l’argent d’Andréas au taux de 132 roupies pour un euro, le meilleur depuis que nous venons. La journée commence bien.
A l’orphelinat nous sommes accueilli avec beaucoup de gentillesse par le personnel. La jolie secrétaire nous dit avec beaucoup de naïveté : « on vous fait une liste comme d’habitude ».
La liste est longue, et au Food City nous ne pourrons acheter que le lait, mais pour une durée d’un mois. Le manager au retour nous explique que les enfants en prennent 5 fois par jour, ils sont une cinquantaine entre 1 jour et 5 ans.
On ne pourra pas acheter le reste de la nourriture, les habits, les draps et les 50 brosses à dents, les couches, le matériel scolaire etc. Il y a donc encore de quoi faire.
Comme c’est un orphelinat d’Etat, nous demandons pourquoi tout le financement n’est pas assuré par l’Etat. Le manager nous explique que l’Etat paie les salaires des fonctionnaires qui font fonctionner l’orphelinat. Il donne aussi une dotation de fonctionnement qui doit permettre de répondre au besoin des enfants, de payer des salaires pour du personnel supplémentaire pour s’occuper des enfants , de maintenir l’établissement en l’état, de payer les médicaments si un enfant est malade ou hospitalisé etc. En fonction de tous ces aléas ils ne savent jamais si la dotation sera suffisante.
Cette dotation est presque toujours insuffisante, c’est un fait que même l’Etat admet. Il considère que dans le fonctionnement d’un orphelinat il y a une partie « charité » qui doit permettre d’améliorer le fonctionnement au quotidien. Ces aides volontaires sont apportées soit par des habitants du pays soit par des étrangers. Pendant que nous parlons une femme apporte du savon et du thé. Un reçu comme le nôtre lui est remis. Cette forme de financement est bien codifiée et un document est systématiquement remis au donateur.
Il leur faudrait environ 800 euros par mois pour satisfaire les besoins des enfants. Il manque dans le financement de l’Etat 200 à 300 euros chaque mois.
Une donation mensuelle pourrait donc être faite, sous forme de biens à consommer. Par exemple ce financement pourrait payer le lait tous les mois, comme nous venons de le faire.
De plus, avec 50 euros on peut payer le salaire d’une personne pour s’occuper des bébés. On sait que c’est ce temps de câlins qui est le plus important. L’argent que nous avons donné en début de mois a permis de salarier une personne pendant le mois de juin. C’est quelque chose de simple aussi et qui marche. Chaque mois lors du versement de 50 euros un reçu est fait précisant que cet argent est destiné à financer un salaire.
Voilà les pistes que nous pouvons donner à Fabien notamment, et voilà vers quoi nous nous orienterons. Nous pensons que de l’argent récolté peut servir tous les mois, grâce à la logistique d’Inoka en France et sur place, à acheter le lait ou d’autres produits manquants, ou à payer un salaire. Une municipalité qui participerait à ce financement recevrait chaque mois un justificatif de la dépense engagée.
Le circuit réduit au maximum les intermédiaires. L’argent est versé sur le compte Inoka France et viré sur le compte Inoka Sri Lanka, un chèque du montant mensuel prévu est remis au coordinateur sur place, qui demande à l’orphelinat ses besoins ou qui finance l’action arrêtée, un justificatif du montant dépensé lui est remis, il transmet ce justificatif à Inoka. Copie de ce justificatif peut être remis à chaque partenaire.
Aujourd’hui nous avons fait le choix du lait avec l’argent d’Andréas, car c’est ce qui nous a semblé le plus important à satisfaire. Pourtant pour la première fois depuis que nous venons la pièce des enfants ne sentait pas très bon, en effet ils manquent de couches.
Retour à Ambalangoda pour regarder l’avancement des travaux du tuk tuk endommagé, ce n’est pas fini. Déjà il est passé du vert au rouge. Tout doit être terminé avant notre départ.
Pour la maison que nous aidons à construire en partie, ils sont en train de couler les dalles du sol et le menuisier prépare les portes et les fenêtres. Nous n’avons plus d’argent pour aller au-delà, mais nous pensons que les gens pourront quand même venir s’y installer.
Pour clore la journée nous décidons d’aller boire un coca à Ikkaduwa. La mousson nous surprend et nous rentrons avec la pluie et la nuit.
Par Véronique Piaser Moyen, le 30 juin 2006 à 08:02 :: General :: #281 :: rss
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