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  <title>Inoka Weblog</title>
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<item rdf:about="http://www.piaser-moyen.com/inoka/index.php/2007/07/06/284-vendredi-6-juillet-2007">
  <title>vendredi 6 juillet 2007</title>
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  <dc:creator>Véronique Piaser Moyen</dc:creator>
  <dc:subject>General</dc:subject>
  <description>Fin de l'opération TSUNAMI</description>
  <content:encoded><![CDATA[<p>Fin de l'opération TSUNAMI</p> <p>Il est temps de clore complètement l'opération d'aide aux victimes du tsunami que nous menons depuis janvier 2005.
Inoka a bien travaillé et nous pensons avoir été efficaces et avoir mené à bien les objectifs que nous nous étions fixés.
Nous sommes retournés à Sri Lanka pour 2 semaines en janvier 2007 et à cette occasion nous avons décidé de clore notre opération en faveur des victimes du tsunami. Nous pensons que 2 années d'aide pour notre petite association et Sudath, notre coordinateur, représentent le maximum que nous pouvions réaliser.
En novembre 2007, nous repartons pour le Sri Lanka mais cette fois ci pour une période de 6 mois.
Nous comptons à ce moment là, mettre en place en nouveau programme d'aide mais sous une autre forme qui serait de permettre à des femmes de travailler.
Ce projet est encore à l'état embryonnaire et dès que nous aurons construit ce projet d'une manière sérieuse, nous vous en ferons part.</p>]]></content:encoded>
</item>
<item rdf:about="http://www.piaser-moyen.com/inoka/index.php/2006/07/02/283-samedi-1er-juillet-2006">
  <title>Samedi 1er juillet 2006</title>
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  <dc:date>2006-07-02T08:20:09+00:00</dc:date>
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  <dc:creator>Véronique Piaser Moyen</dc:creator>
  <dc:subject>General</dc:subject>
  <description>Samedi 1er juillet 2006


Derniers préparatifs pour la Birthday Party, puis nous avons un peu de temps pour profiter de la piscine d’un petit hôtel d’Ambalangoda avant de nous rendre à la...</description>
  <content:encoded><![CDATA[ <p>Samedi 1er juillet 2006</p>


<p>Derniers préparatifs pour la Birthday Party, puis nous avons un peu de temps pour profiter de la piscine d&#8217;un petit hôtel d&#8217;Ambalangoda avant de nous rendre à la People&#8217;s Banque.
On arrive trop tard pour la cérémonie des moines mais à l&#8217;heure pour le Rice and Curry géant.</p>


<p>Cela ressemble à l&#8217;assemblée générale annuelle du Crédit Mutuel, ou à l&#8217;arbre de Noël de la CMR&nbsp;;
En fait il y le personnel et les enfants qui font du manège sur les fauteuils de leurs parents et devant les bureaux transformés en table chacun est attablé devant son rice and curry.</p>


<p>Nous allons nous servir sous les regards étonnés et curieux du personnel car là c&#8217;est du sérieux tout se passe avec les mains.
De petites assiettes servent de cuillères pour se servir dans les plats.</p>


<p>Nous nous installons à un bureau et nous attaquons notre curry avec les doigts, devant tous les cingalais étonnés et ravis de nous voir comme eux.</p>


<p>Le manager dit qu&#8217;il est très heureux que nous soyons là, nous sommes les seuls clients, mais comme il sait tout ce que nous avons fait pour Ambalangoda, il souhaitait nous inviter à cette réception pour nous remercier.</p>


<p>Grâce à vous nous mangeons avec nos mains ce qui est toujours pour Véro un moment difficile pour conserver ses grains de riz du bout des doigts jusqu&#8217;à sa bouche.</p>


<p>Retour et sieste en attendant l&#8217;heure de faire les dernières courses.</p>


<p>À 16h, nous partons chercher le fameux gâteau. Bien sûr il dépasse en kitch toutes nos espérances, couleur orange et chocolat, un magnifique 60 et happy birthday John.
50 cm de diamètre et posé sur un plateau-miroir de 80 cm, qui double la hauteur par l&#8217;effet de miroir, je suis coincé dans le tuk tuk pour le transporter.</p>


<p>Préparatifs de la salle de réception, le cuisinier est à l&#8217;&#339;uvre et l&#8217;odeur de cuisine parfume toute la maison. Dehors dans une bassine d&#8217;huile cuisent tour à tour, les crevettes géantes, les calamars et le poulet.
Le boulot du cuisinier est doublé par le fait qu&#8217;en même temps qu&#8217;il cuisine il doit sauver tout ce qu&#8217;il pose sur la paillasse des fourmis et des mouches.</p>


<p>Les tables pour le buffet installées et les chaises mises en place tout autour de la pièce, nous pouvons aller nous préparer.</p>


<p>Toutes les filles sortent le grand jeu pour la soirée.</p>


<p>Vers 7 heures les premiers invités arrivent, c&#8217;est la famille Siri le père, la mère, la fille, le fils chacun chargé d&#8217;un instrument de musique, car ils vont animer toute la soirée avec de la musique et des chansons traditionnelles et populaires.</p>


<p>Puis arrivent Dudley et ses deux fils. Sa femme n&#8217;est pas venu mais Sudath lui préparera un take away pour qu&#8217;elle puisse aussi participer à la fête.</p>


<p>Chacun me remet son cadeau, je remercie chaleureusement. Sudath, me prend alors tous les paquets des mains et les pose sur le buffet.
On n&#8217;ouvre pas ses cadeaux devant la ou les personnes qui vous les offre. Ce serait manquer de savoir vivre.
Vous connaissez ce bon vieux Blaise&nbsp;: «&nbsp;Pyrénées&nbsp;: vérité en deça, erreur au-delà&nbsp;»</p>


<p>Ce qui lance la party c&#8217;est que je dois prendre un couteau et commencer à couper le gâteau, tout le monde s&#8217;assemble et en ch&#339;ur tous les participants me chantent un Happy Birthday to you inoubliable avec la superbe voix d&#8217;Atchini qui domine les autres.</p>


<p>Il faut choisir si on commence par le gâteau ou le repas. On décide de commencer par le repas, mais ici l&#8217;ordre n&#8217;avait pas de conséquences.</p>


<p>La famille Siri s&#8217;installent sur des nattes et ils sortent un harmonium portable de fabrication indienne, deux tambourins et un grand tambour. Le père, la fille, le fils, s&#8217;installeront pendant toute la soirée tour à tour devant un instrument jouant indifféremment de l&#8217;un ou de l&#8217;autre. La mère participe au ch&#339;ur. Un fils Dudley viendra lui aussi jouer de l&#8217;harmonium pendant que l&#8217;un ou l&#8217;autre des mucisiens-chanteurs Siri  prendra son repas</p>


<p>Une file se forme devant le buffet et chacun prend une assiette puis du riz, des noodles, des crevettes, du calamar, du poulet etc.</p>


<p>Chacun avec son assiette pleine s&#8217;assied et mange avec sa main droite en écoutant les chants et la musique.</p>


<p>Puis chacun rend son assiette lorsqu&#8217;il ne veut plus manger et boit un verre d&#8217;eau préparé sur la table.</p>


<p>Puis petite coupe de curd au sirop de palme et le gâteau. Pour accompagner le gâteau, une sorte de quatre quarts recouverts de chocolat, il est servi un verre de coca ou de soda.</p>


<p>Le repas terminé, l&#8217;atmosphère devient plus détendu, chacun discute en écoutant les musiciens.
Célina le bébé qui découvre tout ça veut taper sur les tambourins, danser, participer à la musique et à la fête.</p>


<p>Comme il reste beaucoup de chose à manger Sudath nous demande s&#8217;il peut inviter les voisins. Il n&#8217;y a pas de problème sauf que les voisins compte tenu de leur rang ne peuvent venir ici. Tout est donc apporté dans la cuisine pour qu&#8217;ils mangent là.</p>


<p>A 10h, nous décidons que la party est fini. C&#8217;est ainsi.</p>


<p>Nous disons au revoir à chacun car nous partons demain.</p>


<p>Sudath ne veut pas qu&#8217;on l&#8217;aide à ranger. Il va s&#8217;occuper de tout avec Deepeka, car ici rien ne peut rester sorti à cause des mouches et des fourmis.</p>


<p>Voilà pour cette journée, aujourd&#8217;hui on va rendre la moto à Ikkaduwa et se faire un après-midi piscine.</p>


<p>Revenons aux choses sérieuses, je vous fait un rapide bilan de notre action pendant ce mois.</p>


<p>Tsunami Actions financées par Jonzac&nbsp;:</p>


<p>Fabrication et acquisition de 7 bateaux pour des pêcheurs de rivière
Acquisition de 4 machines à coudre
Acquisition de 2 bicyclettes</p>


<p>Tsunami Actions financées par Inoka&nbsp;:</p>


<p>Aide à la reconstruction de 2 maisons
Financement de la réparation d&#8217;un tuk tuk
Acquisition de 4 machines à coudre</p>


<p>Tsunami Donner du travail aux entreprises d&#8217;Ambalangoda&nbsp;:</p>


<p>Commande, réalisation, livraison de 100 sacs pour un congrès universitaire international à Paris les 29, 30 juin et 1er juillet.</p>


<p>Commande, réalisation, livraison de 20 sacs pour un congrès sur l&#8217;eau à Jonzac le 1er septembre</p>


<p>Aide à l&#8217;orphelinat de Galle&nbsp;:</p>


<p>Début juin Aide Inoka pour des produits de consommation courante et financement d&#8217;un salaire en juin d&#8217;une aide maternelle.</p>


<p>Fin juin Aide Andréas acquisition du lait nécessaire pour le mois de juillet 2006.</p>


<p>Il reste encore une dernière liste dans le cadre des actions tsunami pour environ 1000 euros.
1 machine à coudre
7 filets de pêche
1 catamaran de rivière
1 vélo</p>


<p>C&#8217;est un nouvel appel que nous vous lançons pour cette dernière action qui devrait permettre de clore les actions tsunami mises en place par Inoka dès le 1er janvier 2005.
L&#8217;activité future d&#8217;Inoka devrait se mettre en place sous  la forme d&#8217;un parrainage de l&#8217;orphelinat de Galle, tel que nous l&#8217;avons déjà commencé.</p>


<p>MERCI A VOUS TOUS.</p>]]></content:encoded>
</item>
<item rdf:about="http://www.piaser-moyen.com/inoka/index.php/2006/07/01/282-vendredi-30-juin-2006">
  <title>Vendredi 30 juin 2006</title>
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  <dc:date>2006-07-01T06:29:54+00:00</dc:date>
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  <dc:creator>Véronique Piaser Moyen</dc:creator>
  <dc:subject>General</dc:subject>
  <description>Vendredi 30 juin 2006


Un peu de blues ce soir pour écrire car c’est la fin du mois, les vacances qui se terminent et surtout demain je change de catégorie, je vais désormais courir après la...</description>
  <content:encoded><![CDATA[ <p>Vendredi 30 juin 2006</p>


<p>Un peu de blues ce soir pour écrire car c&#8217;est la fin du mois, les vacances qui se terminent et surtout demain je change de catégorie, je vais désormais courir après la vie dans la catégorie des seniors.</p>


<p>Aujourd&#8217;hui journée farniente et piscine au Coral Gardens.
Ce matin courses au Food City pour préparer la Birthday Party.</p>


<p>Demain soir, nous avons invité tous nos amis Sri Lankais (16 personnes) à venir avec nous partager un repas et le gâteau d&#8217;anniversaire.</p>


<p>Un cuisinier va s&#8217;occuper de préparer le repas.</p>


<p>Nous avons commandé de gâteau&nbsp;: 2kg500, ici c&#8217;est au poids que ça se vend. Peu importe ce qu&#8217;il y a dedans, l&#8217;important c&#8217;est ce qui est marqué dessus, il y aura vraisemblablement marqué&nbsp;: «&nbsp;Happy Birthday pour tes 60 ans John ».
Ici je m&#8217;appelle John plus simple pour tout le monde et après tout pourquoi pas, je ne vois pour quelle raison je m&#8217;appellerai pareil ici et en France.</p>


<p>Je m&#8217;y suis fait, je réponds même quand on m&#8217;appelle.</p>


<p>Voilà les préparatifs sont en cours, il faudra encore demain aller chercher la glace en fin d&#8217;après-midi.</p>


<p>Je vous raconterai, parce qu&#8217;évidemment nous ne maîtrisons pas tout.</p>


<p>Ce matin nous sommes aussi passés à la banque pour demander un relevé du compte de l&#8217;association de façon à mettre les comptes bien en ordre et voir si une dernière aide pourrait être faite.
Nous allons saluer le manager parce que nous partons. Il nous invite pour demain midi pour le lunch, il y a une petite fête à la banque en présence de 25 moines, peut-être sont-ils là pour bénir et favoriser la multiplication des comptes, tout évolue évidemment.</p>


<p>Je vous raconterai cela aussi.</p>


<p>Après midi piscine je l&#8217;ai déjà dit, mais la nouveauté c&#8217;est qu&#8217;il y a un homme qui lit les lignes de la main. Il a l&#8217;agrément du manager de l&#8217;hôtel, c&#8217;est donc tout ce qu&#8217;il y a de plus sérieux.</p>


<p>Première chose rassurez vous, vous aller encore nous supporter un moment, moi 33ans et Véro 46 ans.
Ce qui me rassure c&#8217;est qu&#8217;en 2031, je pourrai être au rendez-vous des tortues, car les tortillons que nous avons remis à l&#8217;eau doivent revenir pondre dans 25 ans.</p>


<p>Là ou il nous a sciés quand même&nbsp;; le mec, c&#8217;est lorsqu&#8217;il a dit à Véro vous avez 3 enfants, 2 sûrs, mais le dernier je le vois, mais je ne vois pas qu&#8217;il est né. Évidemment il parlait de Maria, et nous sommes restés bouche bée.</p>


<p>Pour le reste, programme normal, on va devenir vieux mais pas gaga, on va péter la santé, tout est bien finalement.</p>


<p>Nous sommes contents et lui aussi.</p>



<p>Ce soir repas chez Siri.</p>


<p>Nous y arrivons à 7h30 et en repartons à 20h45 gavés.
Ils sont super gentils. En dessert, la maman a préparé spécialement pour nous, un Wapalapam, sorte de flan aux &#339;ufs, comme on ne sait plus en faire en France, de couleur brune et parfumé d&#8217;épices. Un vrai délice.</p>


<p>Nous passons un moment agréable et nous les retrouverons demain soir.</p>


<p>Retour, au guest.</p>


<p>Voilà ça se tire, les vacances, la vie&#8230;</p>]]></content:encoded>
</item>
<item rdf:about="http://www.piaser-moyen.com/inoka/index.php/2006/06/30/281-jeudi-29-juin-2006">
  <title>Jeudi 29 juin 2006</title>
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  <dc:date>2006-06-30T08:02:00+00:00</dc:date>
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  <dc:creator>Véronique Piaser Moyen</dc:creator>
  <dc:subject>General</dc:subject>
  <description>Jeudi 29 juin 2006


Aujourd’hui nous allons consacrer la journée à l’orphelinat de Galle. On change l’argent d’Andréas au taux de 132 roupies pour un euro, le meilleur depuis...</description>
  <content:encoded><![CDATA[ <p>Jeudi 29 juin 2006</p>


<p>Aujourd&#8217;hui nous allons consacrer la journée à l&#8217;orphelinat de Galle. On change l&#8217;argent d&#8217;Andréas au taux de 132 roupies pour un euro, le meilleur depuis que nous venons.
La journée commence bien.</p>


<p>A l&#8217;orphelinat nous sommes accueilli avec beaucoup de gentillesse par le personnel.
La jolie secrétaire nous dit avec beaucoup de naïveté&nbsp;: «&nbsp;on vous fait une liste comme d&#8217;habitude ».</p>


<p>La liste est longue, et au Food City nous ne pourrons acheter que le lait, mais pour une durée d&#8217;un mois. Le manager au retour nous explique que les enfants en prennent 5 fois par jour, ils sont une cinquantaine entre 1 jour et 5 ans.</p>


<p>On ne pourra pas acheter le reste de la nourriture, les habits, les draps et les 50 brosses à dents, les couches, le matériel scolaire etc. Il y a donc encore de quoi faire.</p>


<p>Comme c&#8217;est un orphelinat d&#8217;Etat, nous demandons pourquoi tout le financement n&#8217;est pas assuré par l&#8217;Etat.
Le manager nous explique que l&#8217;Etat paie les salaires des fonctionnaires qui font fonctionner l&#8217;orphelinat. Il donne aussi une dotation de fonctionnement qui doit permettre de répondre au besoin des enfants, de payer des salaires pour du personnel supplémentaire pour s&#8217;occuper des enfants , de maintenir l&#8217;établissement en l&#8217;état, de payer les médicaments si un enfant est malade ou hospitalisé etc. En fonction de tous ces aléas ils ne savent jamais si la dotation sera suffisante.</p>


<p>Cette dotation est presque toujours insuffisante, c&#8217;est un fait que même l&#8217;Etat admet. Il considère que dans le fonctionnement d&#8217;un orphelinat il y a une partie «&nbsp;charité&nbsp;» qui doit permettre d&#8217;améliorer le fonctionnement au quotidien.
Ces aides volontaires sont apportées soit par des habitants du pays soit par des étrangers.
Pendant que nous parlons une femme apporte du savon et du thé. Un reçu comme le nôtre lui est remis. Cette forme de financement est bien codifiée et un document est systématiquement remis au donateur.</p>


<p>Il leur faudrait environ 800 euros par mois pour satisfaire les besoins des enfants. Il manque dans le financement de l&#8217;Etat 200 à 300 euros chaque mois.</p>


<p>Une donation mensuelle pourrait donc être faite, sous forme de biens à consommer. Par exemple ce financement pourrait payer le lait tous les mois, comme nous venons de le faire.</p>


<p>De plus, avec 50 euros on peut payer le salaire d&#8217;une personne pour s&#8217;occuper des bébés. On sait que c&#8217;est ce temps de câlins qui est le plus important. L&#8217;argent que nous avons donné en début de mois a permis de salarier une personne pendant le mois de juin.
C&#8217;est quelque chose de simple aussi et qui marche. Chaque mois lors du versement de 50 euros un reçu est fait précisant que cet argent est destiné à financer un salaire.</p>


<p>Voilà les pistes que nous pouvons donner à Fabien notamment, et voilà vers quoi nous nous orienterons.
Nous pensons que de l&#8217;argent récolté peut servir tous les mois, grâce à la logistique d&#8217;Inoka en France et sur place, à acheter le lait ou d&#8217;autres produits manquants, ou à payer un salaire.
Une municipalité qui participerait à ce financement recevrait chaque mois un justificatif de la dépense engagée.</p>


<p>Le circuit réduit au maximum les intermédiaires. L&#8217;argent est versé sur le compte Inoka France et viré sur le compte Inoka Sri Lanka, un chèque du montant mensuel prévu est remis au coordinateur sur place, qui demande à l&#8217;orphelinat ses besoins ou qui finance l&#8217;action arrêtée, un justificatif du montant dépensé lui est remis, il transmet ce justificatif à Inoka. Copie de ce justificatif peut être remis à chaque partenaire.</p>


<p>Aujourd&#8217;hui nous avons fait le choix du lait avec l&#8217;argent d&#8217;Andréas, car c&#8217;est ce qui nous a semblé le plus important à satisfaire. Pourtant pour la première fois depuis que nous venons la pièce des enfants ne sentait pas très bon, en effet ils manquent de couches.</p>



<p>Retour à Ambalangoda pour regarder l&#8217;avancement des travaux du tuk tuk endommagé, ce n&#8217;est pas fini. Déjà il est passé du vert au rouge. Tout doit être terminé avant notre départ.</p>


<p>Pour la maison que nous aidons à construire en partie, ils sont en train de couler les dalles du sol et le menuisier prépare les portes et les fenêtres.
Nous n&#8217;avons plus d&#8217;argent pour aller au-delà, mais nous pensons que les gens pourront quand même venir s&#8217;y installer.</p>



<p>Pour clore la journée nous décidons d&#8217;aller boire un coca à Ikkaduwa. La mousson nous surprend et nous rentrons avec la pluie et la nuit.</p>]]></content:encoded>
</item>
<item rdf:about="http://www.piaser-moyen.com/inoka/index.php/2006/06/29/280-mercredi-28-juin-2006">
  <title>Mercredi 28 juin 2006</title>
  <link>http://www.piaser-moyen.com/inoka/index.php/2006/06/29/280-mercredi-28-juin-2006</link>
  <dc:date>2006-06-29T12:35:16+00:00</dc:date>
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  <dc:creator>Véronique Piaser Moyen</dc:creator>
  <dc:subject>General</dc:subject>
  <description>Mercredi 28 juin 2006


La nuit a été bonne malgré les souvenirs anciens.
Toute la nuit, et ce matin encore, le vent a soufflé avec beaucoup de violence.
Notre hôte nous dit que ça dure depuis 5 jours...</description>
  <content:encoded><![CDATA[ <p>Mercredi 28 juin 2006</p>


<p>La nuit a été bonne malgré les souvenirs anciens.
Toute la nuit, et ce matin encore, le vent a soufflé avec beaucoup de violence.
Notre hôte nous dit que ça dure depuis 5 jours et qu&#8217;ainsi nous n&#8217;aurons pas de pluie.</p>


<p>La forêt que nous voulons voir est la dernière forêt vierge du Sri Lanka. C&#8217;est une zone protégée et nous ne pouvons pas y accéder sans guide. Nous désirons simplement aller à l&#8217;entrée pour voir à quoi ça ressemble.
Les deux Parisiens que nous avons rencontrés à Happutale, et qui allaient voir la forêt par l&#8217;accès normal de Singarajath, nous ont dit qu&#8217;il fallait être équipé, qu&#8217;il y avait toutes sortes de bestioles et notamment des sangsues. Nous avec nos nus pieds et nos pantacourts on ne se sent pas concerné par la visite. Par contre on veut voir à quoi ça ressemble de l&#8217;extérieur une forêt vierge.</p>


<p>Notre hôte nous dit c&#8217;est tout droit à 16km, vous trouverez une barrière et c&#8217;est l&#8217;entrée du site.
Sur la carte c&#8217;est un trait droit qui représente la route.
En un quart d&#8217;heure, on fait les huit premiers km, les huit suivant, nous allons les faire en 1h et quart.</p>


<p>Dans un dernier village, on quitte le goudron qui est remplacé par une piste de pierres de trous de rochers. On monte parmi les champs de thé. Lorsqu&#8217;on rencontre quelqu&#8217;un, on lui demande par des gestes si c&#8217;est bien la direction de «&nbsp;Singarajath Forest ». Ils nous font signe en montrant la direction en répétant «&nbsp;Singarajath ».
On monte, monte, monte, dans les champs de thé, on croise des ramasseuses en sari ce sont des Tamouls c&#8217;est-à-dire une main d&#8217;&#339;uvre bon marché.</p>


<p>Mais ces hommes, ces femmes qu&#8217;on rencontre, ils nous sourient et à ce moment ils et elles deviennent des princes et des princesses.
C&#8217;est époustouflant ce mélange de pauvreté et de beauté.</p>


<p>Un ou deux motoristes nous doublent, ce qui nous encourage.</p>


<p>Je passe souvent en première pour continuer notre ascension.
La route tient plus du chemin muletier défoncé, des épingles se resserrent comme des lacets de sentier de montagne et à chaque fois sur les rochers glissant la moto peine à repartir.
Puis Véronique doit descendre, je fais patiner au maximum l&#8217;embrayage pour lancer le moteur et en même temps je pousse avec mes jambes, elle passe encore une fois.
Véro remonte jusqu&#8217;à la prochaine épingle. Celle-ci est si mauvaise, le sol si défoncé que nous nous trouvons en mauvaise posture, dans une pente qui donne l&#8217;impression que la route est là devant nous comme un mur légèrement incliné.
Véro descend, je cale la roue arrière dans un trou du rocher, je relance la machine et en levant les yeux pour regarder devant ce qui m&#8217;attend j&#8217;aperçois une stupa juste au dessus de ma tête. Je dis à Véro que je continue jusque-là et que je m&#8217;arrête.</p>


<p>C&#8217;est un temple bouddhiste. Il y a une petite affiche sur laquelle je lis «&nbsp;Relax mec, tu es arrivé jusque-là, tu peux faire une petite donation ». À ce moment, une autre moto arrive s&#8217;arrête et le chauffeur fait une donation.
Je lui demande «&nbsp;Singarajath Forest », il me répond en me montrant de continuer «&nbsp;Singarajath, 6km ». Au compteur je viens de faire les 16km prévus.
Il repart, Véro arrive. Elle n&#8217;est pas d&#8217;accord sur le terme  «&nbsp;relax&nbsp;» dans ma traduction mais elle ne sait pas traduire le mot qui est écrit.</p>


<p>On hésite à  continuer. 6km par une route pareil on ne va pas y arriver. En regardant devant, on dirait que ça monte moins.</p>


<p>Je dis à Véro que nous devrions faire une petite donation car nous avons eu du pot d&#8217;arriver jusqu&#8217;ici, peut-être qu&#8217;il y est pour quelque chose Bouddha. Elle est d&#8217;accord avec moi. On lui donne chacun une pièce.</p>


<p>Je me dis que ça pourra toujours servir pour la descente, car les épingles à pic sur le rocher mouillé, je ne le sens pas trop pour l&#8217;instant.</p>


<p>On continue, la pente diminue, la route s&#8217;améliore, comme quoi Bouddha ça marche.
On arrive à la fameuse barrière. Il n&#8217;y a personne pour nous arrêter.
De ce côté-ci de la montagne, la piste est bonne dans la forêt. On est à moitié dans la brume, des nuages passent juste au-dessus de notre tête. Ici le climat est particulier, frais et humide constamment, c&#8217;est ce qui a permis de garder la forêt. L&#8217;atmosphère est fraîche et légère on se croirait en Chartreuse l&#8217;été pour ceux qui connaissent, pour les autre c&#8217;est comme un lieu ou la canicule et la sécheresse n&#8217;auraient pas de prise.
Elle ressemble, imaginez une forêt de brocoli, avec des feuilles au bout des branches, et d&#8217;une densité telle que lorsque nous l&#8217;apercevons de dessus on dirait un parterre de mousse.</p>


<p>Il est près de 10h et nous devons faire demi-tour. Nous réalisons que les gens nous ont indiqué leur route pour aller à Singarajath, leur route, une route qui n&#8217;existe pas officiellement et qui traverse la forêt.
On vient de pénétrer en fraude dans ce sanctuaire, mais on a vu ce qu&#8217;on voulait voir.</p>


<p>On repasse devant le petit temple, et nous commençons notre descente. La donation a été efficace, dans les épingles passées en première frein bloqué, mais pas les roues, je pense à Frédéric mon moniteur de moto école qui me disait toujours la moto va où ton regard va, j&#8217;évite de regarder le magnifique spectacle qui s&#8217;offre à nos yeux et je tourne au maximum la tête pour voir au plus loin le chemin.
Je sens Véro à l&#8217;horizontale sur mon dos et je retiens et je dirige la moto de toute la force de mes bras.</p>


<p>Toujours des rencontres humaines, simples, qui nous enrichissent rien que par un échange de sourire, un signe de la main, parfois un mot lancé au passage.</p>


<p>Retour au Rest House pour récupérer nos affaires. Je ne dirai jamais assez que cette maison est une pure merveille.</p>


<p>On prend la direction de Galle qui est à 70km, on suit une vallée de culture de thé, de riz et aussi d&#8217;hévéas.</p>


<p>La petite promenade de ce matin nous a fatigués et nous nous arrêtons au moins 4 fois pour faire ces 70km.</p>


<p>Il faut dire que la chasse à la moto a été dure.
Je réalise qu&#8217;une moto sur une route, ça n&#8217;existe pas. Ce n&#8217;est pas très différent en France, mais je n&#8217;en avais pas autant conscience.
C&#8217;est à moi de faire ce qu&#8217;il faut pour éviter les collisions de face avec des cars qui foncent comme si on était pas là.
Nous nous retrouvons plusieurs fois arrêtés au bord de la chaussée, dans le fossé. Comme maintenant je sais que je n&#8217;existe pas, j&#8217;anticipe, et c&#8217;est en première que je quitte la route. L&#8217;expérience paie.</p>


<p>Au fond, je me dis que c&#8217;est un peu comme dans la vie, on n&#8217;existe vraiment pour personne. On poursuit sa route seul, indifférent à celui qui arrive en face.</p>


<p>Un lourd et long camion nous crache sa merde de fumée noire dans la figure depuis déjà pas mal de kilomètres.
Pour les cars j&#8217;ai la technique je les passe aux arrêts, ne croyez pas que c&#8217;est facile parce qu&#8217;en fait ils ne s&#8217;arrêtent pas, je double sans visibilité en klaxonnant et au bout d&#8217;un moment ils me laissent passer.</p>


<p>Un camion ça ne s&#8217;arrête pas. Celui-ci ralentit, il laisse un petit espace à droite, personne en face, je fonce,fonce, klaxonne, j&#8217;arrive à hauteur de la cabine, je passe. Sur la route devant moi, je comprends maintenant pourquoi il ralentissait, un énorme boudin de ciment, rond, rayé de jaune et de blanc, jusqu&#8217;à présent je n&#8217;en avais jamais vu d&#8217;aussi haut. Il est trop tard pour faire quoi que ce soit. Je ne pense qu&#8217;à tenir fortement le guidon pour que la moto continue tout droit et n&#8217;aille pas se déporter vers le camion qui klaxonne maintenant pour me traiter de cinglé, il n&#8217;a pas tort.
La roue frappe, la moto décolle, Véro décolle encore plus haut, mais ses pieds restent bien accrochés aux cales pieds, elle avait vu le boudin avant moi et avait anticipé le choc. Je pense à Luc un copain, champion d&#8217;Europe de sauts à moto par-dessus des voitures.
La roue arrière ne touche pas le boudin, la moto reste droite, les roues reprennent contact avec le sol, les fesses de Véro avec le siège. Déjà le boudin suivant arrive, ça marche souvent par deux ces animaux, j&#8217;ai le temps de freiner et celui-ci on le prend vite mais correct.</p>


<p>Toute notre fatigue, toutes nos douleurs dans les jambes dans le dos se sont effacées, miracle de l&#8217;adrénaline.</p>


<p>On roule normal.
À Galle l&#8217;armée nous accueille.On se dit que ça commence à craindre, que ça ne va certainement pas s&#8217;arrêter tout de suite, avec tous ces attentats.</p>


<p>Arrivée à Ambalangoda, nous sommes lessivés, noirs du cambouis de la route.
Heureusement un thé au gingembre, une douche et l&#8217;accueillante maison de Sudath nous permettent de récupérer.</p>



<p>On fait le point de tout ce qui reste à faire, on pense à Andréas et l&#8217;argent récolté pour l&#8217;orphelinat, on ira dès de demain.
On pense à Fabien qui attend pour vendredi un dossier sur de  possibles actions aussi dans le cadre de l&#8217;orphelinat.</p>


<p>Les vacances sont finies, on s&#8217;est déjà remis au boulot.</p>]]></content:encoded>
</item>
<item rdf:about="http://www.piaser-moyen.com/inoka/index.php/2006/06/28/279-mardi-27-juin-2006">
  <title>Mardi 27 juin 2006</title>
  <link>http://www.piaser-moyen.com/inoka/index.php/2006/06/28/279-mardi-27-juin-2006</link>
  <dc:date>2006-06-28T14:56:53+00:00</dc:date>
  <dc:language>fr</dc:language>
  <dc:creator>Véronique Piaser Moyen</dc:creator>
  <dc:subject>General</dc:subject>
  <description>Mardi 27 juin 2006


Lever tôt 7h30
Dès huit heure on voit les ramasseuses de thé se mettre à l’ouvrage.


Nous, nous courrons à Internet, mais ici ce n’est pas un coin où les touristes...</description>
  <content:encoded><![CDATA[ <p>Mardi 27 juin 2006</p>


<p>Lever tôt 7h30
Dès huit heure on voit les ramasseuses de thé se mettre à l&#8217;ouvrage.</p>


<p>Nous, nous courrons à Internet, mais ici ce n&#8217;est pas un coin où les touristes s&#8217;attardent et l&#8217;équipement laisse à désirer.
Aujourd&#8217;hui, bonne connexion pour la messagerie mais pas pour le blog. C&#8217;est ainsi.</p>


<p>À 10h on file. On s&#8217;attarde dans la descente vertigineuse, pour profiter du spectacle.
Lorsqu&#8217;on décide de rouler, on passe en conduite, mode expert, sur une route complètement défoncée. Bien sûr on n&#8217;avance pas.
En plus on fatigue à se prendre tous ces trous et toutes ces bosses dans le dos.</p>


<p>Ce sont des travaux d&#8217;agrandissement de la route.</p>


<p>Puis apparaissent des parties parfaitement finies et lisses comme un billard, on enchaîne les virages et tout à coup à nouveau la piste défoncée.
Puis bitume de rêve, à ce moment la fatigue nous quitte. Je fais des pointes à 60 à l&#8217;heure.
À nouveau la route cassée.
Vous avez compris, c&#8217;est un peu galère aujourd&#8217;hui, alors qu&#8217;on est sur une grande route et ce qu&#8217;on doit faire pour arriver à l&#8217;étape c&#8217;est une toute petite route. En principe la difficulté est devant.</p>


<p>Enfin la route redevient normale et on peut rouler.
Au-delà de 50 dans cette vallée, les rafales de vent déportent la moto et son chargement, c&#8217;est maintenant une autre difficulté.</p>

<pre></pre>

<p>A 12h30 nous arrivons à l&#8217;intersection où nous devons quitter la grande route. Nous avons au moins une heure de retard et beaucoup de fatigue.
Nous déjeunons et repartons rapidement par la petite route de montagne.</p>


<p>Au début ce sont des rizières qui bordent la route, puis à mesure que nous montons c&#8217;est le thé qui occupe le terrain.
Nous enchaînons les épingles à cheveux qui sont numérotées comme à  l&#8217;Alpe d&#8217;Huez. Il y en a 10.
Nous arrivons à une zone de conifères des espèces de grand pin dont les aiguilles envahissent la route. Plus haut encore ce sont des arbres dont les troncs ressemblent à ceux des eucalyptus mais pas la feuille et puis le thé reprend possession de l&#8217;espace.</p>


<p>Ce sont des champs de thé à perte de vue. Les factories sont posées comme des cathédrales au sommet d&#8217;un promontoire pour bénéficier de l&#8217;aération, et tout autour à perte de vue le thé.</p>


<p>Les femmes cueillent, vident leur panier dans des sacs qui sont transportés jusqu&#8217;à la factory. C&#8217;est toute l&#8217;activité de cette région, tout le monde vit et travaille pour le thé.</p>


<p>Sur la route, pour les autres véhicules que nous croisons nous n&#8217;existons pas, c&#8217;est la règle du mode expert.
Dès qu&#8217;un car qui occupe toute la largeur de la route surgit d&#8217;un virage, il faut sauter sur le bas-côté de la route, sinon le pire est à craindre.
Nous quittons ainsi plusieurs fois la route à petite vitesse pour s&#8217;échapper. Bien anticiper est la règle à tenir.</p>


<p>On fait à peu près du 15 à l&#8217;heure, mais le spectacle nous comble. Dans les villages où l&#8217;on s&#8217;arrête on demande le nom et nous sommes toujours étonné d&#8217;avoir aussi peu avancé sur la carte.</p>


<p>Les enfants tous vêtus de blanc reviennent de l&#8217;école et nous font de grands salut en nous demandant nos prénoms.</p>


<p>Nos arrêts sont plus raprochés et la fatigue revient plus vite dès que nous repartons.</p>


<p>Nous croisons les ramasseuses de thé et les porteuses de fagots qui rentrent préparer le repas du soir et s&#8217;occuper des enfants.</p>


<p>C&#8217;est une des routes les plus merveilleuses que nous connaissons et cette fois-ci je crois que même Bali passe au second plan.</p>


<p>On finit par arriver à Deniyaya, but de notre ballade.</p>


<p>Je retrouve assez facilement le Rest House où nous avons logé il y a 15 ans.</p>


<p>Véronique voulait revoir ce lieu dont elle ne gardait qu&#8217;un souvenir douloureux. Nous avions fait en voiture la même route et nous étions arrivés aussi fatigués. Véro le dos complètement bloqué s&#8217;était couchée dans une chambre horrible, pas nettoyée depuis le départ des Anglais en 1946. Elle ne gardait que le souvenir de la charpente.</p>


<p>Pendant ce temps Maria et moi, nous essayions de chasser les cafards qui vivaient dans la pièce et la salle de bain. Ils étaient grands comme la main, nous les poursuivions avec une bombe insecticide qui ne les tuait même pas, ils fuyaient à peine. Ils nous regardaient méchamment mais nous les tenions ainsi dans un coin de la pièce.
La salle de bain aussi était d&#8217;époque avec une grande baignoire métallique sur pieds à la fois rouillée et jaune de tartre. De même pour le lavabo et les WC.</p>


<p>Il fallait dormir ici. Véro ne pouvait plus bouger. Elle était indifférente à ce combat que nous menions.</p>


<p>Après le dîner, après la toilette rapide, après avoir tenu en respect les cafards dans leur coin. Nous avons rapproché les 3 lits qui semblaient perdus dans l&#8217;immense pièce.</p>


<p>Nous avons tout mis en hauteur, nous avons mis nos chaussures sur notre lit aussi, puis nous avons éteint laissant pour la nuit l&#8217;immense plancher vermoulu à disposition de la vermine.</p>


<p>Aujourd&#8217;hui tout à été refait, mais les chambres sont les mêmes et les lits toujours perdus au milieu. La salle de bain a gardé sa dimension de pièce à vivre, mais dedans tout est neuf.</p>


<p>Il faut dire que la maison perchée sur un piton a le charme d&#8217;une maison coloniale. Deux avancées de toits qui forment deux terrasses sur des niveaux différents, séparées par des colonnes de bois.
Devant nos yeux l&#8217;immensité des champs de thé.</p>


<p>Finalement 15 ans après, on est en meilleure forme malgré la route.</p>


<p>Ce pays permet de rester jeune.</p>]]></content:encoded>
</item>
<item rdf:about="http://www.piaser-moyen.com/inoka/index.php/2006/06/28/278-lundi-26-juin-2006">
  <title>lundi 26 juin 2006</title>
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  <dc:date>2006-06-28T14:48:11+00:00</dc:date>
  <dc:language>fr</dc:language>
  <dc:creator>Véronique Piaser Moyen</dc:creator>
  <dc:subject>General</dc:subject>
  <description>Lundi 26 juin 2006


Ce matin, on se lève assez tôt parce que nous avons de la route à faire.
On file à Internet où l’on apprend qu’il vient d’y avoir un attentat à Colombo. Un...</description>
  <content:encoded><![CDATA[ <p>Lundi 26 juin 2006</p>


<p>Ce matin, on se lève assez tôt parce que nous avons de la route à faire.
On file à Internet où l&#8217;on apprend qu&#8217;il vient d&#8217;y avoir un attentat à Colombo. Un général est mort et 3 soldats. Ce serait un kamikaze à moto.
Comme vous le voyez ça ne s&#8217;arrange pas, il y a maintenant des check-points partout sur les routes.
Je suppose que tout le monde s&#8217;en fout because la coupe du monde de foot.</p>


<p>À ce propos hier soir je vous ai dit, je crois, qu&#8217;il y avait deux nouveaux guests d&#8217;une trentaine d&#8217;années. Ce sont des gens du Nord, Finlande, Norvège peut-être Danemark&nbsp;?
Pas très causant, à peine bonsoir et ils jouent au tric trac pendant leur repas.
Pas très causant entre eux aussi.
Lui grand, énorme style wiking chauve à qui il faut son demi poulet pour être bien. Elle grande, blonde, jolie un peu triste.
Les portes des chambres donnent dans le séjour où nous dînons. La porte de sa chambre est juste dans son dos. Il la ferme consciencieusement à clé chaque fois qu&#8217;il a besoin d&#8217;y aller.</p>


<p>Après le repas, durant lequel aucun mot n&#8217;est échangé entre eux et entre eux et nous, il demande au manager du guest de mettre la télé car il veut voir les matchs de la coupe du monde et notamment un match important ce soir à minuit et demi, heure locale.
Le manager terriblement gêné essaie de lui faire comprendre qu&#8217;il a d&#8217;autres clients dans le guest ( nous) et qu&#8217;il ne peut pas mettre la télé à minuit, par contre s&#8217;il veut il peut l&#8217;emmener dans un hôtel voir les matchs.
C&#8217;est ici qu&#8217;il veut regarder.</p>


<p>Véro vide les photo de son appareil sur le mac.</p>


<p>Pendant ce temps, ils essaient de lui mettre la télé, mais évidemment ici l&#8217;image c&#8217;est canal+ codé, ça ne les dérange pas, mais lui si.</p>


<p>Nous allons nous coucher. Nous ne saurons jamais s&#8217;il a réussi à voir son match.</p>


<p>Ce matin au moment de partir ils sont prêts et attentent dans le guest avec une énorme valise bleue style samsonite et attendent le taxi qui doit les emmener à Kandy.</p>


<p>Nous pendant ce temps, toujours dans notre style «&nbsp;Carnet de route », on est entrain de ficeler nos sacs sur le porte-bagages de la moto. Deux sacs à dos l&#8217;un sur l&#8217;autre ce qui fait un sisi bar à Véro.</p>


<p>Dès que leur taxi est là ils roulent leur samsonite en passant à côté de nous, et monte dans leur taxi sans nous saluer.</p>


<p>On part à 10h et on va arriver à Happutale à 17h, 180 km plus loin.
La première partie de la route se passe très facilement.
Alors nous décidons d&#8217;aller voir un bouddha sculpté que nous n&#8217;avons jamais vu c&#8217;est un détour d&#8217;environ 60 km, mais qui va nous prendre 3 heures.</p>


<p>Mais ça valait la peine. On découvre perdu au fin fond de la brousse Sri Lankaise un site récemment découvert qui comporte un bouddha sculpté, la statue d&#8217;un autre personnage qui ne serait pas un bouddha, et un pilier comportant des inscriptions, tout cela datant de plus de 7 siècles avant notre aire.
La statue qui n&#8217;est pas un bouddha est sur une sorte de pyramide à degrés comme au Mexique où à Sakkara mais en plus petit.</p>


<p>Content de notre visite, on fait demi-tour.
C&#8217;est un merveilleux paysage de rizières que nous côtoyons.
On s&#8217;arrête pour déjeuner dans un petit village où l&#8217;on fait figure de martiens. En plus on mange des roties comme tout le monde.</p>


<p>Reprise de la route d&#8217;Happutale, on monte jusqu&#8217;à une cascade qui tombe à pic d&#8217;une falaise d&#8217;environ 8oom.
On s&#8217;arrête, on confie à la garde du marchand de glaces, la moto, les bagages et les casques.
Puis on monte dans le lit de la rivière. Véro qui a mal au genou droit s&#8217;arrête avec une famille de Colombo qui pic nique sur les rochers.</p>


<p>Je continue jusqu&#8217;au pied de la falaise.
Il y a un petit lac d&#8217;eau transparente. En levant les yeux je vois la vertigineuse chute. J&#8217;entre les pieds dans l&#8217;eau, mes Géox grâce à leurs trous ressemblent à des éponges.</p>


<p>L&#8217;eau bondit sur la falaise ou ruisselle sur le rocher. Elle forme tout au long de son parcours comme un voile de mariée, pas en tulle trop rigide, pas en soie trop proche de la matière. L&#8217;eau qui tombe est un embrun, une brume, un voile de brouillard, ce n&#8217;est plus de l&#8217;eau que je vois et que je sens sur ma tête, c&#8217;est  de l&#8217;extrait d&#8217;eau,  c&#8217;est l&#8217;esprit de l&#8217;eau.
Je veux bien être baptisé par cette eau, dans ce petit lac, dans cette beauté si proche de la nature, qu&#8217;elle en est devenue divine.</p>


<p>On repart pour la dernière partie de la route. C&#8217;est du sérieux maintenant et la moto peine sur sa seconde à nous transporter aussi haut.
En première, je double des camions de grumes qui crachent une fumée noire et avancent au ralenti.
Les ramasseuses de thé reviennent chez elle leur panier vide après être passé à la factory. D&#8217;autres femmes portent des fagots de bois pour préparer le repas. C&#8217;est la fin de l&#8217;après midi chacun rentre chez soi.</p>


<p>Happutale enfin.
L&#8217;hôtel est sympa, presque occidental avec télé et eau chaude.
En trois semaines, première douche chaude, je goutte ce plaisir, à chacun ses faiblesses. Sans doute qu&#8217;en enfer on me versera de l&#8217;eau bouillante sur le dos, tant pis.
Je pense que le diable doit lui aussi acheter son pétrole aux pays arabes et plus je consomme d&#8217;eau chaude aujourd&#8217;hui, moins il aura de pétrole pour avoir de l&#8217;eau bouillante à me verser sur le dos.</p>


<p>Ballade dans Happutale.
Repas à l&#8217;hôtel, rencontre avec deux parisiens sympas. On discute en français, ça faisait longtemps.
On va peut-être les revoir demain, on suit à peu près le même parcours. On les reverra de toute façon dans l&#8217;avion pour rentrer, on prend le même.</p>


<p>Véro regarde les infos à la télé et s&#8217;inquiète de ne pas avoir d&#8217;eau pour cette nuit. Mais ici il fait frais, il y a même des couvertures pour dormir.</p>

<pre></pre>]]></content:encoded>
</item>
<item rdf:about="http://www.piaser-moyen.com/inoka/index.php/2006/06/26/277-dimanche-25-juin-2006">
  <title>Dimanche 25 juin 2006</title>
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  <dc:date>2006-06-26T05:27:51+00:00</dc:date>
  <dc:language>fr</dc:language>
  <dc:creator>Véronique Piaser Moyen</dc:creator>
  <dc:subject>General</dc:subject>
  <description>Dimanche 25 juin 2006


On serait bien resté à dormir tellement on est bien et au calme, mais le petit dèj est prévue à 8h30.
Inernet  des difficultés pour lire les mails. Enfin on a pu lire celui de...</description>
  <content:encoded><![CDATA[ <p>Dimanche 25 juin 2006</p>


<p>On serait bien resté à dormir tellement on est bien et au calme, mais le petit dèj est prévue à 8h30.
Inernet  des difficultés pour lire les mails. Enfin on a pu lire celui de Maria et de son virement bancaire, mais on n&#8217;a pas pu lui répondre. Par contre j&#8217;ai pu mettre à jour le blog. J&#8217;espère que demain ce sera pareil, c&#8217;est pourquoi je mets ce petit mot pour elle.
Les virements c&#8217;est simple à faire sur internet mais j&#8217;oublie souvent la dernière touche de validation parce qu&#8217;elle n&#8217;est pas spontanée. En principe le virement n&#8217;est pas effectué et le compte non débité. À voir de toute façon dans une semaine, on est là.</p>


<p>On essaie le grand hôtel d&#8217;ici, modeste par rapport à ce qu&#8217;on a vu, et il n&#8217;a pas internet.</p>


<p>On se ballade sur le bord du lac où tous les pèlerins qui vont ou reviennent de Kataragama se baignent en famille.
Les hommes et les femmes se baignent en sarong. Pour les femmes, le sarong monte jusqu&#8217;aux aisselles et pour les hommes jusqu&#8217;à la taille. Ils en profitent aussi pour sortir le savon et faire un brin de toilette.</p>


<p>Tout ça est très populaire et très organisé. Des femmes font cuir dans des récipients d&#8217;huile du poisson du lac, qu&#8217;elles vendent ensuite au pèlerin. On nous en propose, mais je dis non.
Il y a de petites cabines métalliques qui permettent de se changer, quitter le maillot de bain sarong pour se rhabiller ou l&#8217;inverse.
Il y a aussi des poubelles vertes ou jaunes pour faire du tri sélectif.</p>


<p>Après avoir passé un grand moment avec eux, on change de monde et on va déjeuner dans un bon restaurant, pour prendre des forces avant notre safari à Yala.</p>


<p>On revient au guest faire une petite sieste, en attendant.</p>


<p>Vers 15h la jeep est là et l&#8217;on part pour le parc.</p>


<p>Je ne vous ai pas encore parlé du climat et de la végétation. Depuis Matara la végétation se modifie, en fait elle s&#8217;enrichit et devient plus diversifié.
À Tangalle, il reste encore des palmiers, mais une petite végétation africaine se met en place, de petits arbres avec une large frondaison.
A Tissa puis dans le parc de Yala c&#8217;est l&#8217;Afrique. On roule dans une végétation de petit buissons très denses qui nous rappellent le Nord du  Sénégal, du sable et de l&#8217;herbe rase par endroits.</p>


<p>On roule sur une piste pas trop défoncée, et l&#8217;on aperçoit différents animaux et oiseaux, dont des éléphants, un ours des cigognes, des ibis, des crocodiles, des biches et des cerfs, des familles de sangliers, des chacals&#8230;
Comme c&#8217;est dimanche on se dit que les animaux dissimulés doivent nous regarder passer.
Tiens un 4X4 toyota, c&#8217;est nouveau&nbsp;!
Là une Nissan, si maintenant ils se mettent à venir en voiture ordinaire, il vont bientôt venir en mobylette. On ne peut pas laisser faire ça. Bobby fait leur peur.
On s&#8217;en fou je te dis, ils ne quittent jamais la piste.
Laisse moi rêver à la petite biche que je vais croquer ce soir.</p>


<p>Tout le bord du parc qui longe l&#8217;océan a été ravagé par le tsunami. Des monceaux de bois brisés restent en l&#8217;état.</p>


<p>Retour au guest vers 19h, il y a deux nouveaux guests qui ne sont pas très bavards avec nous. Ils jouent au tric trac en attendant le repas.</p>


<p>Le nôtre est prêt et la patronne nous le sert. Son sourire est tellement charmant que je pense que je pourrais lui demander n&#8217;importe quoi. Elle s&#8217;affole à l&#8217;idée que je puisse trouver son curry trop épicé. Je la rassure.
Elle part préparer le repas des deux nouveaux guest.</p>


<pre></pre>]]></content:encoded>
</item>
<item rdf:about="http://www.piaser-moyen.com/inoka/index.php/2006/06/26/276-capitre-24-ernst">
  <title>Capitre 24 : Ernst</title>
  <link>http://www.piaser-moyen.com/inoka/index.php/2006/06/26/276-capitre-24-ernst</link>
  <dc:date>2006-06-26T05:24:00+00:00</dc:date>
  <dc:language>fr</dc:language>
  <dc:creator>Véronique Piaser Moyen</dc:creator>
  <dc:subject>General</dc:subject>
  <description>24) Ernst


Si tu vois l’âme dans n’importe quel être vivant,
ta vision est vraie.
Si tu vois l’immortalité dans le cœur de n’importe quel être mortel,
ta vision est...</description>
  <content:encoded><![CDATA[ <p>24) Ernst</p>


<p>Si tu vois l&#8217;âme dans n&#8217;importe quel être vivant,
ta vision est vraie.
Si tu vois l&#8217;immortalité dans le c&#339;ur de n&#8217;importe quel être mortel,
ta vision est vraie..</p>


<p>Bhagavad Gita</p>


<p><br />****************************</p>


<p>Ambalangoda, neuf heures du matin, séance de photos du bateau avec la famille du pêcheur.
Le bateau est posé en retrait, sous les cocotiers et sous les palmiers, parmi les détritus et les gravats qui restent du tsunami. La plage et la mer n&#8217;apparaîtront pas sur les photos.
Anilh lui propose de reprendre une équipe pour aller poser le bateau sur la plage. Sophie lui dit qu&#8217;il n&#8217;en est pas question. Elle expliquera aux donateurs.
Les photos se feront là où est posé le bateau.
Les noms des sponsors sont collés de chaque côté de la coque et le pêcheur et sa famille se mettent près du bateau.
Il y a aussi des fanions à poser. Comme il n&#8217;y a rien pour accrocher, Ils les posent sur l&#8217;avant du bateau.
Tout ça paraît bien dérisoire.
C&#8217;est le prix à payer, le retour pour les donateurs. Le pêcheur et sa femme, ses enfants, s&#8217;y prêtent volontiers.
Sophie pose aussi à côté du bateau car le pêcheur veut avoir une photo d&#8217;elle et du bateau.
Sophie dit au revoir au pêcheur, à sa femme, à ses enfants. Un épisode se clôt.
Pour Sophie c&#8217;est la encore la concrétisation de son engagement.
Pour le pêcheur, c&#8217;est quelque chose qui relève du mystère.
Pour lui cette femme est plus qu&#8217;une femme. Elle est divine. C&#8217;est un miracle qui a eu lieu. Cette divinité va disparaître de sa vie comme elle y était venue, sans qu&#8217;il sache vraiment pourquoi. Elle part comme la  marée se retire.
Il a quelque chose dans la gorge, comme une boule de joie et de désespoir, il ne sait comment le lui dire.
Il met tout dans ses yeux pour qu&#8217;elle comprenne.
Il serre la main qu&#8217;elle lui tend, ils se regardent puis ils se quittent.
Malgré les promesses, se reverront-ils&nbsp;?
Sophie fait un dernier tour pour voir les familles côtés sud, et voir l&#8217;installation des lits, des matelas, des armoires. Tout est bien là, à l&#8217;intérieur des maisons en bois ou dans les tentes. Certains dont le toit n&#8217;est pas suffisamment étanche ont mis leur armoire dans la maison provisoire d&#8217;à côté. Tout le monde est très heureux de pouvoir dormir sur un lit et un matelas et de pouvoir ranger le linge.
En riant, une femme lève son pouce pour dire à Sophie que c&#8217;est super ce qu&#8217;elle a fait pour eux. Ce geste enfantin, espiègle, bouleverse Sophie qui réalise l&#8217;espoir qu&#8217;elle a redonné à cette femme.
Elle laisse ces gens. Elle sait qu&#8217;elle ne les reverra peut-être pas. Elle promet de revenir.
Elle est triste, ils sont si attachants. Ils lui ressemblent tant.</p>


<p>Après le déjeuner, Sophie et Ernst retourne aussi au village de pêcheurs du secteur nord. Sophie pour un dernier adieu aux meilleurs amis dont Siri.
Ils garent la moto à côté du petit restaurant. Dès qu&#8217;ils ont enlevé leur casque, ils voient un attroupement, dans le village.
C&#8217;est un cortège qui se forme avec des tambours en tête. Ils s&#8217;approchent.
La vieille femme diabétique est morte, leur dit-on. Hier personne n&#8217;en a parlé.
Cette femme avait toujours vécu sur cette plage. Cette cabane provisoire en bois avait remplacé sa maison de torchis au toit de palme.
Née en 1941, elle avait tout connu, les Anglais, l&#8217;Indépendance, l&#8217;éternel lutte pour le pouvoir entre Tamoul et Cingalais, la lutte d&#8217;influence entre les clans cingalais du Centre de l&#8217;île et de la côte.
Cette guerre civile qui dure depuis trente ans a dévoré son fils.
Elle a connu le tsunami qui est venu balayer sa vie depuis le 26 décembre.
Ce jour-là, la paillote, dans laquelle elle avait toujours vécu n&#8217;a pas résisté.  Elle a été surprise, entraînée comme un grain de sable par la force du courant, parmi les débris de bois et de palmes qui constituaient les huttes de pêcheurs. Ballottée par les flots, elle a cru que sa dernière heure était venue.
Les pêcheurs l&#8217;ont retrouvée deux cents mètres plus loin, gisant dans la boue et les décombres du naufrage.
Ils l&#8217;ont transportée jusqu&#8217;au bord de la route principale. Ils l&#8217;ont allongée dans l&#8217;herbe et depuis, elle ne s&#8217;est jamais relevée.
Il y avait dans son regard de l&#8217;incompréhension, de l&#8217;étonnement plus que de l&#8217;effroi.
La mort ne lui faisait pas peur, c&#8217;est une délivrance par rapport à cette vie.
Depuis six mois, elle l&#8217;attendait, regardant le monde autour d&#8217;elle, allongée sur son matelas envahi par les mouches.
Ce village n&#8217;était plus son village. C&#8217;était  devenu un camp de cabanes provisoires en bois et de tentes.
La végétation avait disparu, plus de petites haies pour délimiter des passages, plus de fleurs sur le pas des portes pour marquer un peu de bonheur.
Son village n&#8217;était plus que ruines et décombres.
Dans les petites maisons, le dénuement est total. Ils sont devenus plus pauvres que les pauvres.
Les voisins n&#8217;étaient plus ses voisins, ils étaient partis plus loin vers le monastère dans un camp pour réfugiés. D&#8217;autres démunis étaient restés ou lassés des camps étaient revenus.
L&#8217;ordre ancien était rompu et pour elle il ne pouvait rien en sortir de bon.
Cette vie ne l&#8217;intéressait plus.
Elle n&#8217;avait jamais remis en question sa vie jusqu&#8217;à ce jour. Ses parents, ses grands-parents étaient du village et pêcheurs. Elle avait épousé un pêcheur et ses enfants étaient pêcheurs. Elle ne demandait rien d&#8217;autre. Chaque matin sur l&#8217;autel familial elle brûlait un bâton d&#8217;encens pour que les dieux veillent sur elle et sa famille, sur le village aussi, sans la solidarité duquel aucun pêcheur n&#8217;aurait pu survivre.
Elle entendait la mer taper sur la plage. Elle n&#8217;avait pas peur. C&#8217;est ici qu&#8217;elle avait toujours vécu. C&#8217;est ici qu&#8217;elle avait mis au monde ses enfants. C&#8217;est d&#8217;ici que son mari était parti pour la pêche sans retour.
À la fin, la peur de ce monde nouveau était telle qu&#8217;elle refusait de s&#8217;alimenter.</p>


<p>Le cortège s&#8217;ébranle.
Tout le village suit.
Deux tambours et un flûtiste  précèdent la foule. Les tambours donnent la cadence de la marche tandis que la flûte émet un son lancinant comme pour exprimer le chagrin du village.
Le cercueil, porté par de jeunes hommes, domine la foule.
Il n&#8217;est pas tard, mais les nuages noirs de la mousson cachent la lumière. Il fait noir.
Sophie et Ernst prennent place dans le cortège. Sophie est tirée par la main. Une femme l&#8217;emmène près des pleureuses et de la famille.
Elle ne veut pas être là, mais elle n&#8217;a pas le choix.
Elle a trop pris soin de cette femme pour rester à l&#8217;arrière comme une étrangère. Elle a eu pour elle trop de compassion pour ne pas être considéré comme un membre de la famille.
Sophie n&#8217;avait pas peur de la mort de cette femme.
Ce n&#8217;était pas dans sa nature, mais ici, c&#8217;est tellement plus facile, la mort est aussi présente que la vie.
La femme mourait et des enfants jouaient près de la cabane, des hommes partaient pour la pêche, des femmes vaquaient à leurs occupations.
La mort à l&#8217;&#339;uvre n&#8217;est pas dissimulée dans des lieux réservés. Chacun entrait  et sortait de la chambre, en fonction des nécessités du quotidien.
Ce n&#8217;était pas de l&#8217;indifférence. La mort est compagne de la vie.
Nulle peur, nulle hypocrisie, un accompagnement, comme elle est accompagnée aujourd&#8217;hui.</p>


<p>Le cortège a atteint le sommet de la petite côte où s&#8217;est arrêté le raz-de-marée. Il pleut pour ce dernier voyage.
Ils parcourent la rue principale.
Les tambours et la flûte annoncent le passage du cortège.
Les gens sortent sur le devant de leur maison ou s&#8217;approchent au bord de la rue, pour participer aussi à l&#8217;enterrement et témoigner leur solidarité de pure forme pour la douleur de la famille.
Dans la rue principale, personne ne connaissait cette pauvresse. Les gens d&#8217;ici ne fréquentent pas le village de pêcheurs. C&#8217;est le monde des nantis.
Les maisons de style cingalais sont en dures. Ici on est riche de père en fils comme là-bas on est pauvre de père en fils.
Le fatalisme religieux permet de faire tout accepter, dans l&#8217;attente d&#8217;un monde meilleur, un paradis peut-être ou une réincarnation plus favorable.
Ils passent devant le guest house de Sarath. Il y a sa femme Maligni et leurs enfants, un ami chauffeur de van et Héléna.
Ils ne sont pas concernés par la morte. Ils sont là par tradition, parce que, pour le voisinage, ils ne peuvent pas ne pas être là.
Ils ne comprennent pas la présence de Sophie. Ils ont l&#8217;impression de voir passer un reproche vivant.
Le cortège tourne à droite pour suivre une petite rue qui descend et revient vers la plage, vers le village, face à l&#8217;entrée du cimetière. La boucle est bouclée.</p>


<p>Le cercueil est posé à terre sous des guirlandes blanches qui décorent les palmiers pour l&#8217;occasion et aux pieds d&#8217;un portique en tissu qui rappelle les dates qui ont marqué le passage de cette femme sur terre.
Un trou a été creusé.
Les musiciens se placent un peu en retrait.
On ouvre le cercueil. Le couvercle se déploie en deux parties au-dessus du cadavre. L&#8217;intérieur est tapissé de blanc.
Elle est là, toute petite, toute menue.
Elle est vêtue d&#8217;un sari blanc avec des plis impeccables sur la poitrine, elle porte des gants blancs et des boucles d&#8217;oreilles blanches.
Son visage est détendu, apaisé, comme elle était déjà sur son lit de gisante.
On l&#8217;a «&nbsp;endimanchée&nbsp;» pour son dernier voyage
La musique reprend, les tambours sonnent gravement de lourdes notes comme d&#8217;énormes gouttes de mousson, la flûte chante une musique lancinante comme des pleurs d&#8217;enfant qui se prolongeraient indéfiniment.
Les pleureuses se sont tues. La pluie a cessé.
Pour la première fois, depuis le début de son séjour, Sophie a une sensation de froid. Un frisson parcourt son corps.
Autour du cercueil, la famille et la foule se mettent à tourner, trois fois dans le sens des aiguilles d&#8217;une montre.
Pendant ce temps, des hommes passent dans les poignées du cercueil, des cordes faites de fibres de noix de coco.
Le couvercle est remis. Le cercueil est descendu dans le trou.
Les pelletées de sable tombent dans la fosse. Le trou est rebouché.
Un petit monticule de sable marque l&#8217;endroit.
À la tête et aux pieds, des bouts de toiture brisée en fibrociment, comme des piquets, délimitent l&#8217;emplacement.
Deux couronnes de fleurs sont posées, près de la tête.
Elle est revenue près de sa maison. Elle ne quittera plus jamais son village.
Il ne pleut plus. Des groupes se forment, échangent.
La vie reprend son cours.
La foule s&#8217;éparpille.
Sophie et Ernst s&#8217;éclipsent pour aller chez Siri.
Siri, malgré sa timidité, l&#8217;embrasse, il a beaucoup de peine, ils se quittent vite pour ne pas faire durer ce moment difficile.
Ils passent chez Dudley qui reste sur sa réserve, qui n&#8217;arrive toujours pas à sortir de sa coquille. Lui aussi souhaiterait dire tant de chose qu&#8217;il ne peut pas dire.
Dernier arrêt chez les parents de Anilh. Ces deux là, elle les aime beaucoup. Quelle gentillesse, quelle générosité, quel effacement.
Ce sont eux qui représentent bien les gens d&#8217;ici, ceux qu&#8217;elle a le plus de mal à quitter. Ils ont permis d&#8217;assurer toute la logistique de son action sans jamais se manifester.
Elle laisse, elle le sait, deux êtres précieux.
Ils retournent à Ikkaduwa. Elle ne refera plus cette part de route en moto. Elle ne se serrera plus contre Ernst, lui faisant totalement confiance.
Aujourd&#8217;hui tout s&#8217;arrête, c&#8217;est difficile.
Elle prépare ses bagages.</p>


<p>Sophie et Ernst vont dîner ensemble en attendant le van qui viendra les prendre à minuit.
Ernst la remercie pour ce qu&#8217;elle est, pour ce qu&#8217;elle lui a donné. Il ne savait pas, lui dit-il, qu&#8217;il existait des femmes comme elle.
Elle rit, pour ne pas le laisser s&#8217;embarquer, dans un registre trop nostalgique ou trop romantique.
Elle lui dit, qu&#8217;il voit en elle bien  plus que ce qu&#8217;elle n&#8217;est en réalité. Il l&#8217;idéalise.
Elle est une simple femme. Elle essaie de vivre simplement, ce qui n&#8217;est pas toujours facile.
Elle ne fait pour ce pays que payer une dette ancienne. Elle a apporté de l&#8217;argent. C&#8217;est tout.
Les gens, lui ont encore tellement donné par leur humanité qu&#8217;elle se sent toujours débitrice envers eux.
Ils lui ont redonné le sentiment d&#8217;être utile à quelque chose. En France, elle est déjà inscrite sur les registres des rebuts de l&#8217; «&nbsp;anpé&nbsp;» la plus grande entreprise française avec cinq millions de sociétaires. On n&#8217;a plus besoin d&#8217;elle.
C&#8217;est la crise de la civilisation occidentale, cet Occident qui n&#8217;a plus besoin des hommes et des femmes qui le constituent.
Ernst lui prend la main et lui dit qu&#8217;il a besoin d&#8217;elle.
Elle le regarde droit dans les yeux: je reviendrai dans un an dit elle.
Sans hésiter il dit&nbsp;: Je serai là.
Le van avec Samantha et Anilh arrive.
Ils embarquent tous les quatre.
Elle parle avec Ernst tout le long du trajet, comme s&#8217;ils voulaient se donner l&#8217;un à l&#8217;autre un maximum de mots en provision pour l&#8217;année à venir.
Elle embrasse ces trois hommes, Samantha, puis Anilh qui ne peut retenir une larme, et Ernst, qui la serre contre lui.
Il lui dit&nbsp;: dans un an, je serai au Blue Note, je t&#8217;attendrai.
Il lui glisse dans la main une petite boîte.
Le van repart, emportant ses hommes.
Sophie marche seule dans les couloirs de l&#8217;aéroport de Kutanayake, pour atteindre le terminal d&#8217;embarquement.
Elle porte au cou un médaillon en or, un éléphant dont le corps est pavé de brillants.</p>]]></content:encoded>
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<item rdf:about="http://www.piaser-moyen.com/inoka/index.php/2006/06/25/275-samedi-24-juin-2006">
  <title>Samedi 24 juin 2006</title>
  <link>http://www.piaser-moyen.com/inoka/index.php/2006/06/25/275-samedi-24-juin-2006</link>
  <dc:date>2006-06-25T06:53:50+00:00</dc:date>
  <dc:language>fr</dc:language>
  <dc:creator>Véronique Piaser Moyen</dc:creator>
  <dc:subject>General</dc:subject>
  <description>Samedi 24 juin 2006


On a si bien dormi, dans notre guest à 3 euros la nuit, que  nous nous réveillons à 8h30, alors que  nous avons de la route à faire.
On essaie de faire vite, mais ici ce...</description>
  <content:encoded><![CDATA[ <p>Samedi 24 juin 2006</p>


<p>On a si bien dormi, dans notre guest à 3 euros la nuit, que  nous nous réveillons à 8h30, alors que  nous avons de la route à faire.
On essaie de faire vite, mais ici ce n&#8217;est pas possible, le temps qu&#8217;ils aillent acheter ce qu&#8217;il nous faut pour le petit dej. Car en fait ils n&#8217;ont rien pour le cas où nous aurions décidé de ne rien prendre.
On a le temps de préparer les affaires et d&#8217;attendre encore le patron qui revient avec le pain en tranches, le beurre et la confiture.
Vers 9h30, on décolle. Arrêt immédiat à Internet qui fonctionne toujours aussi bien. Comme nous échangeons en français, Véro et  moi sur le score de France Togo, un homme nous parle en français.</p>


<p>Il s&#8217;appelle Manjula, il a appris le Français à l&#8217;Alliance française de Matara et n&#8217;est jamais venu  en France. Il est guide officiel.
Il a travaillé dans le cadre du tsunami pour aider son village et il connaît Kasih Bunda, une association dont Véro s&#8217;occupait lorsque nous étions à Grenoble pour les adoptions au Sri Lanka.
Il a un site internet / lesamisdemanjula.facite.com</p>


<p>Nous échangeons nos coordonnées et nous le laissons car nous devons faire la route.</p>


<p>Jusqu&#8217;à Hambantota le route est un peu pourrie. On perd le feu rouge arrière de la moto. On s&#8217;arrête pour le récupérer car nous savons qu&#8217;ici ils pourront toujours nous le réinstaller.
A Hambantota, on va au Rest House qui est un hôtel d&#8217;Etat c&#8217;est-à-dire désuet et non entretenu. C&#8217;est un  bâtiment en hauteur qui permet d&#8217;avoir une vue générale.
On s&#8217;arrête pour y prendre un café
Ici il y a eu 3000 morts. La ville semble avoir repris un aspect normal, mais il manque beaucoup de maison en bordure de mer.</p>


<p>On décide de filer jusqu&#8217;à Tissamaharama pour se prendre un guest et revenir éventuellement sur Hambantota.</p>


<p>On s&#8217;arrête au «&nbsp;Lac view&nbsp;» qui n&#8217;est pas du tout à côté du lac qui borde la ville.</p>


<p>Là  nos projets changent. On va cet après-midi aller à Kataragama. Demain nous pourrons ainsi aller dans la réserve de Yala en fin de journée pour voir différents animaux sauvages.</p>


<p>Déjeuner, réparation du feu arrière de la moto à la colle forte, et fixation avec une rondelle car le trou ou passe la vis est devenu trop grand, et ça tient&nbsp;!</p>


<p>Une route comme un billard nous mène à Kataragama, mais elle est limitée à 70km/h. Véro me dit qu&#8217;à 70, à l&#8217;arrière l&#8217;effet est maximum.</p>


<p>A Kataragama on repère les lieux pour retrouver le temple de Ganesh.
Ici c&#8217;est Lourdes, mais avec la particularité que toutes les religions s&#8217;y retrouvent. C&#8217;est le côté sympa. Il y a quinze ans avec Maria, on avait versé une donation à Ganesh pour que tout se passe bien. Il me semble que ça a pas trop mal marché et l&#8217;on veut faire une nouvelle donation pour que ça continue.</p>


<p>On revient vers l&#8217;entrée où il y a tous les magasins de bondieuseries, pour boire un coup. J&#8217;en profite pour me faire raser, car pour éviter d&#8217;emmener trop d&#8217;affaire, je n&#8217;ai pas emporté le nécessaire.
Mais finalement c&#8217;est 30 roupies et le prix de deux rasoirs BIC au Food City, c&#8217;est 20 roupies. Et puis c&#8217;est toujours agréable de se faire raser.
On retourne boire un coca avant d&#8217;aller à nouveau sur le site. Véro s&#8217;assied et voit tout à coup le plafond qui se met à bouger. Elle pense à un coup de fatigue. Non c&#8217;est une toile de plastique tendue pour dissimuler le plafond qui s&#8217;est mis à bouger lorsqu&#8217;ils ont mis en route le ventilateur pour nous.
Tout le monde rit. Ils mettent à la télé des DVD de Karaoké et l&#8217;on en profite en buvant notre coca.</p>


<p>Retour sur les lieux saints. On passe par la rivière car à cette heure tous les pèlerins font leur toilette.
Hommes et femmes enveloppés dans des sarongs se lavent au milieu de la rivière.
Puis l&#8217;éléphant de service arrive lui aussi pour son bain rituel, avant de participer à la cérémonie. Il boit longuement, pisse comme une pompe à incendie, enfin se couche dans l&#8217;eau et le cornac l&#8217;asperge.
Lorsqu&#8217;il part nous le suivons.
Il pénètre dans l&#8217;enceinte sacrée et s&#8217;agenouille devant l&#8217;entrée de tous les temples, les fidèles sont étonnés et le prennent lui aussi pour un dieu.
Puis il va dans le parc pour passer une bonne nuit.
Défilés, chants et danses, offrandes, bris de noix de coco, tout y est. On fait notre donation à Ganesh et on a droit à notre point rouge entre les yeux. Il fait nuit noire maintenant et nous devons rentrer.</p>


<p>À peine avons-nous quitter Kataragama que la moto montre des signes d&#8217;essoufflement. Elle cale. Je passe sur la réserve de carburant, elle repart.
Je roule lentement à cause de la visibilité et pour économiser l&#8217;essence.
Tout se passe bien jusqu&#8217;à l&#8217;arrivée ou nous constatons qu&#8217;il ne manque pas d&#8217;essence. En fait cette moto n&#8217;aime pas rouler doucement, surtout pendant les premiers km.</p>


<p>Au guest ils sont super gentils. Ils nous préparent une soupe. La patronne à un sourire adorable.
Il y a des moustiques quand même.</p>]]></content:encoded>
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