| Ce matin, nous sommes retournés à l'orphelinat de Galle où nous étions déjà allés en juin dernier. Nous leur avions apporté une aide, et aujourd'hui, nous voulons savoir si ils sont désireux que nous renouvelions cette aide.
Il n'y a pas de photos car pour des problèmes de pédophilie, ils interdisent maintenant toute photo.
J'ai malgré tout tenu à vous refaire le récit que Jno avait déjà retrancrit sur le blog car l'émotion que nous y avons ressentie ne s'effacera jamais.
" On entre, putain le choc
D'abord l'organisation a été inversée maintenant ce sont les grands qui sont près de l'entrée et les bébés dans la pièce suivante. Je résume pour ceux qui ne veulent pas faire l'effort de remonter dans le temps. C'est un établissement qui accueille une cinquantaine d'enfants de quelques jours à cinq ans.
La première fois que tu pénètres dans ce genre d'établissement tu as l'impression que c'est pas si mal et tu as une impression assez bonne.
La deuxième fois tu te dis que rien n'a changé et comme rien n'a changé tu as l'impression que c'est moins bien, et tu réalises surtout que pour ces mômes rien ne changera jamais.
Coup de blues chez les Piaser. Qu'est-ce qu'on est venu faire dans cette galère, avec des galériens de 0 à 5 ans. Tout à coup tu penses à la plage d'Ikkaduwa, le soleil, le sable, la mer. Tu as l'impression que ton pantalon a envi de descendre tout seul pour te retrouver plus vite en maillot.
Là tu te rends compte que les mômes sont accrochés à tes basques. Ils tirent les salopiaux, la tête complètement rejetée en arrière et leur grands yeux qui attendent que tu te comportes en adulte c'est à dire que tu les prennes dans tes bras.
Jusqu'à présent, se dit Véro, tous les enfants que nous avons vus dans leur famille ont comme premier réflexe de nous fuir parce qu'ils ont peur de notre blancheur. Eux non, ils nous veulent, même blanc. Véro a déjà une petite fille dans ses bras qui pose sa tête sur son épaule.
On passe chez les bébés on est moins agressés en quelque sorte mais bon, ce n'est pas vraiment mieux. Les bébés semblent trop calmes et indifférents au monde qui les entoure. Un bébé dort avec son biberon dans la bouche, calé par un oreiller. Sur le coup je me dis que c'est super imprudent, il ne bouge pas mais je vois sa bouche qui mâchouille la tétine. Ouf, il ne s'est pas encore étouffé.
Une petite fille d'environ 6 mois hurle dans son berceau. Je remarque dans ces yeux, je ne sais pourquoi, les psy pourront vous l'expliquer, la peur d'être seule. Elle me paraît être encore la dernière à ne pas avoir céder à la solitude. Je m'approche du berceau. Je lui dis ne t'inquiète pas, tu vois, des martiens sont venus te voir. Elle me regarde. J'essaie de dire des choses d'une voix apaisée. Je lui caresse le ventre si jamais ses cris venaient de douleurs. Elle s'apaise, elle me regarde avec ses grands yeux, elle est belle, c'est redevenu un vrai bébé. De la vie passe dans son regard, elle retrouve cette confiance incroyable des enfants pour un adulte.
Je la laisse.
Elle se met à hurler de nouveau.
On sort. On n'est pas venu pour faire du tourisme avec les bébés, nous retournons voir le responsable pour lui demander de nous fournir une liste de ce qui lui manque.
Il nous explique qu'en fait il ne lui manque rien et c'est vrai que sur un plan matériel, l'orphelinat n'est pas mal équipé. Mais il leur manque de quoi manger...
La liste est écrite en cingalais, on repart pour Galle, mais imaginez vous en train de faire le plein de courses à Carrefour avec une moto. Évidemment ce moyen de transport a ses limites.
Au dernier croisement avant l'orphelinat nous avions fait confirmer notre route par quelqu'un qui avait l'air sympathique et qui nous avait dit : si vous avez un problème revenez.
On le retrouve et on lui explique notre problème.
Il vient en tuc tuc avec nous à Galle.
Il nous emmène au Food City, c'est tout dire. Là nous allons trouver tout ce qu'il nous faut, du lait, du sucre, de la margarine, des céréales, du fromage qui s'appelle Happy Cow, ça ne vous rappelle rien ? de la lessive, du désinfectant ect. On se renseigne sur le prix des couches c'est 30 roupies l'une.
Pour l'instant pour 30 000 roupies on a fait le plein pour au moins un mois. Mais par exemple on a acheté 25kg de sucre alors qu'il paraît qu'ils en passent 60kg, ça bouffe ces bestiaux abandonnés... Je pense qu'ils feraient bien de n'en passer que 25 s'ils ne veulent pas en faire de futurs diabétiques ou de futurs obèses, l'humanitaire à encore de beaux jours devant lui.
Contrat rempli, on a fait les courses et on pourra ramener à l'association de Launaguet une idée de l'aide qu'ils peuvent venir apporter à cette orphelinat et même se faire aider par Kuma notre nouvel ami qui semble tenir la route."
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